{"id":177540,"date":"2026-02-26T00:00:00","date_gmt":"2026-02-25T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.bcfi.be\/antipsychotiques-et-dyskinesies-tardives-chez-lenfant\/"},"modified":"2026-04-09T17:10:04","modified_gmt":"2026-04-09T15:10:04","slug":"antipsychotiques-et-dyskinesies-tardives-chez-lenfant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/beta.bcfi.be\/fr\/antipsychotiques-et-dyskinesies-tardives-chez-lenfant\/","title":{"rendered":"Antipsychotiques et dyskin\u00e9sies tardives chez l\u2019enfant"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les indications officielles des antipsychotiques concernent g\u00e9n\u00e9ralement les adultes&#x002C; les donn\u00e9es concernant l\u2019efficacit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 chez l\u2019enfant sont limit\u00e9es. Ils sont aussi souvent utilis\u00e9s off-label chez l\u2019enfant. La dyskin\u00e9sie tardive est un effet ind\u00e9sirable connu et invalidant des antipsychotiques. Une revue syst\u00e9matique de la litt\u00e9rature donne des informations concernant l\u2019incidence et les facteurs de risque de la dyskin\u00e9sie tardive chez l\u2019enfant.<\/strong><\/p>\n<div class='summary'>\n<div class='summary-article-content'>\n<p><strong>Messages cl\u00e9s<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>On ne dispose que de peu de donn\u00e9es concernant l\u2019incidence et les facteurs de risque de la dyskin\u00e9sie tardive chez l\u2019enfant.<\/li>\n<li>Des \u00e9tudes transversales et prospectives longitudinales chez l\u2019enfant rapportent une pr\u00e9valence de dyskin\u00e9sie tardive de 5 \u00e0 20%. Des \u00e9tudes r\u00e9trospectives rapportent des pr\u00e9valences plus faibles (\u2264 1%).<\/li>\n<li>Les donn\u00e9es ne permettent pas de conclure si les enfants sont plus sensibles \u00e0 la dyskin\u00e9sie tardive que les adultes. Comme chez l\u2019adulte&#x002C; les antipsychotiques classiques semblent plus souvent impliqu\u00e9s que les antipsychotiques atypiques.<\/li>\n<li>La chance de gu\u00e9rison semble la plus importante quand l\u2019antipsychotique est arr\u00eat\u00e9 imm\u00e9diatement.<\/li>\n<li><strong>Conclusion du CBIP :<\/strong> Les dyskin\u00e9sies tardives constituent un effet ind\u00e9sirable des antipsychotiques souvent invalidant&#x002C; stigmatisant et parfois irr\u00e9versible. Il est important&#x002C; aussi chez l\u2019enfant et l\u2019adolescent&#x002C; de bien \u00e9valuer les risques et les b\u00e9n\u00e9fices. Si un antipsychotique est d\u00e9marr\u00e9&#x002C; une \u00e9valuation r\u00e9guli\u00e8re est indispensable et la dose la plus faible possible doit \u00eatre utilis\u00e9e pendant la p\u00e9riode la plus courte possible.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2>En quoi cette \u00e9tude est-elle importante ?<\/h2>\n<p>Les indications des antipsychotiques chez l\u2019enfant et l\u2019adolescent sont tr\u00e8s limit\u00e9es. Certains RCP mentionnent comme indication un comportement agressif chez l\u2019enfant et l\u2019adolescent avec un trouble du d\u00e9veloppement&#x002C; et la schizophr\u00e9nie ou les troubles bipolaires chez l\u2019adolescent. Les antipsychotiques sont aussi souvent utilis\u00e9s off-label dans ce groupe d\u2019\u00e2ge&#x002C; par exemple chez les enfants et jeunes ayant un TDAH.<span class='folia-referentie-note'>1<\/span><\/p>\n<p>Les antipsychotiques ont des effets ind\u00e9sirables nombreux et potentiellement graves&#x002C; entre autres des <strong>dyskin\u00e9sies tardives.<\/strong> La dyskin\u00e9sie tardive se caract\u00e9rise par \u00a0des mouvements anormaux au niveau du visage et de la langue (oro-bucco-lingual)&#x002C; parfois aussi au niveau des membres. Ils surviennent g\u00e9n\u00e9ralement apr\u00e8s un usage prolong\u00e9 (des mois \u00e0 des ann\u00e9es) et sont parfois irr\u00e9versibles. Dans les cas graves&#x002C; \u00a0des difficult\u00e9s \u00e0 parler&#x002C; \u00e0 s\u2019alimenter&#x002C; \u00e0 d\u00e9glutir ou \u00e0 respirer peuvent survenir (voir aussi les\u00a0<a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/articles\/3577?folia=3562'>Folia d\u2019avril 2021<\/a>).<\/p>\n<p>Alors que les effets ind\u00e9sirables extrapyramidaux pr\u00e9coces surviennent plus fr\u00e9quemment avec les antipsychotiques classiques qu\u2019avec les atypiques&#x002C; et que les enfants semblent plus sensibles que les adultes&#x002C; ceci est moins clair pour les dyskin\u00e9sies tardives. Un article r\u00e9cent de <i>La Revue Prescrire<\/i><span class='folia-referentie-note'>2<\/span> discute <strong>une revue syst\u00e9matique de la litt\u00e9rature concernant la dyskin\u00e9sie tardive chez l\u2019enfant&#x002C; \u00a0publi\u00e9e dans <\/strong><i><strong>Drug Safety<\/strong><\/i><strong>.<\/strong><span class='folia-referentie-note'>3<\/span><\/p>\n<h2>Protocole de l\u2019\u00e9tude<\/h2>\n<p>Treize \u00e9tudes d\u2019observation portant sur un total de 13 215 enfants&#x002C; adolescents et jeunes adultes (\u2264 21 ans)&#x002C; r\u00e9pondaient aux crit\u00e8res de s\u00e9lection.<\/p>\n<div class='detailed-content'>\n<p>Il s\u2019agissait de 5 <u>\u00e9tudes transversales<\/u>&#x002C; 5 \u00e9tudes longitudinales non-comparatives&#x002C; dont 3 prospectives et 2 r\u00e9trospectives&#x002C; 2 \u00e9tudes sur base des dossiers m\u00e9dicaux et une \u00e9tude de cohorte r\u00e9trospective.<\/p>\n<\/div>\n<h2>R\u00e9sultats en bref<\/h2>\n<p>Les r\u00e9sultats les plus importants de la revue syst\u00e9matique de la litt\u00e9rature :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Pr\u00e9valence :<\/strong> dans les \u00e9tudes transversales et longitudinales prospectives&#x002C; la pr\u00e9valence des dyskin\u00e9sies tardives variait <strong>entre 5% et 20%.<\/strong> L\u2019\u00e9tude avec la pr\u00e9valence de 20% a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e chez des enfants et adolescents avec une d\u00e9ficience intellectuelle trait\u00e9s par une ph\u00e9nothiazine (NB CBIP: un traitement peu courant en Belgique). La pr\u00e9valence \u00e9tait <strong>plus faible (\u2264 1%)<\/strong> dans les \u00e9tudes r\u00e9trospectives bas\u00e9es sur les informations de bases de donn\u00e9es&#x002C; peut \u00eatre en partie en raison d\u2019un sous-diagnostic des dyskin\u00e9sies tardives dans la pratique.<\/li>\n<li><strong>Incidence :<\/strong> Une \u00e9tude longitudinale r\u00e9trospective chez les enfants < 6 ans qui prenaient un antipsychotique (surtout aripiprazole ou risp\u00e9ridone) \u00a0pour un trouble mental ou un trouble du comportement&#x002C; du d\u00e9veloppement ou de tic&#x002C; a montr\u00e9 une incidence de <strong>1&#x002C;8 nouveaux cas de dyskin\u00e9sie tardive pour 1000 patients-ann\u00e9es<\/strong> apr\u00e8s une dur\u00e9e totale de prise m\u00e9diane de 1&#x002C;6 an (IQR 0&#x002C;5 \u00e0 3&#x002C;5 ans). Pour presque la moiti\u00e9 d\u2019entre elles&#x002C; les donn\u00e9es provenaient de tout-petits et de jeunes enfants. (NB CBIP : En Belgique&#x002C; il n\u2019y a aucun antipsychotique autoris\u00e9 pour les enfants de moins de 5 ans).<\/li>\n<li>Selon les r\u00e9sultats d\u2019une \u00e9tude&#x002C; les antipsychotiques classiques sont plus souvent responsables de dyskin\u00e9sie tardive que les antipsychotiques atypiques.<\/li>\n<li>La dyskin\u00e9sie tardive apparaissait en moyenne apr\u00e8s plus d\u2019un an de traitement&#x002C; mais cette info n\u2019\u00e9tait pas disponible dans toutes les \u00e9tudes.<\/li>\n<li>Dans certaines (mais pas toutes les) \u00e9tudes&#x002C; des doses cumulatives croissantes et\/ou une dur\u00e9e d\u2019exposition plus longue sont apparues comme des facteurs de risque.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Les auteurs de l\u2019article dans <\/strong><i><strong>Drug Safety<\/strong><\/i><strong> ont encore trouv\u00e9 les informations suivantes dans la litt\u00e9rature (donn\u00e9es qui ne provenaient pas uniquement des \u00e9tudes de la revue syst\u00e9matique de la litt\u00e9rature) :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Concernant le risque de dyskin\u00e9sie tardive chez les personnes jeunes par rapport aux personnes plus \u00e2g\u00e9es :<\/strong> la dyskin\u00e9sie tardive semble survenir moins souvent chez les jeunes adultes que chez les adultes plus \u00e2g\u00e9s. Une explication possible est que&#x002C; chez les jeunes adultes&#x002C; on a utilis\u00e9 des doses plus faibles et moins fr\u00e9quemment des antipsychotiques classiques&#x002C; et la dur\u00e9e du traitement est plus courte. Il n\u2019est pas clair si cette observation chez les jeunes adultes s\u2019applique \u00e9galement aux enfants et aux adolescents. Une \u00e9tude chez des enfants et des adolescents a m\u00eame trouv\u00e9 que plus l\u2019\u00e2ge \u00e9tait bas&#x002C; plus le risque de dyskin\u00e9sie tardive \u00e9tait \u00e9lev\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Concernant le risque de dyskin\u00e9sie tardive avec les antipsychotiques classiques versus les atypiques :<\/strong> l\u2019incidence semble plus \u00e9lev\u00e9e avec les antipsychotiques classiques qu\u2019avec les antipsychotiques atypiques&#x002C; aussi bien chez les enfants que chez les adultes.<\/li>\n<li>La <strong>chance de gu\u00e9rison<\/strong> semble la plus \u00e9lev\u00e9e lorsque l\u2019antipsychotique est arr\u00eat\u00e9 imm\u00e9diatement. D\u2019autres options th\u00e9rapeutiques sont limit\u00e9es et ne sont pas discut\u00e9es ici.<br \/>\u00a0<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Limites de l\u2019\u00e9tude<\/h2>\n<p>Les auteurs de l\u2019article dans <i>Drug Safety<\/i> soulignent qu\u2019il est difficile de tirer des conclusions claires sur base des donn\u00e9es de ces \u00e9tudes&#x002C; dont la qualit\u00e9 m\u00e9thodologique est limit\u00e9e. Les grandes diff\u00e9rences de pr\u00e9valence des dyskin\u00e9sies tardives dans les diff\u00e9rentes \u00e9tudes s\u2019expliquent probablement par des diff\u00e9rences au niveau des populations \u00e9tudi\u00e9es&#x002C; m\u00e9thodologique et des crit\u00e8res de diagnostic.<\/p>\n<h2>Commentaire du CBIP<\/h2>\n<ul>\n<li>Les auteurs de l\u2019article dans <i>Drug Safety<\/i> estiment que la dyskin\u00e9sie tardive est probablement sous-diagnostiqu\u00e9e dans la pratique clinique. Ils recommandent d\u00e8s lors <strong>une \u00e9valuation r\u00e9guli\u00e8re et syst\u00e9matique<\/strong> de toutes les personnes trait\u00e9es par un antipsychotique. Ils estiment que dans cette population p\u00e9diatrique&#x002C; des \u00e9tudes de cohorte prospectives&#x002C; \u00e0 long terme&#x002C; sont n\u00e9cessaires pour mieux conna\u00eetre les facteurs de risque et la prise en charge en cas de dyskin\u00e9sies tardives.<\/li>\n<li><strong>Conclusion pour la pratique :<\/strong> les dyskin\u00e9sies tardives constituent un effet ind\u00e9sirable des antipsychotiques souvent invalidant&#x002C; stigmatisant et parfois irr\u00e9versible. Malgr\u00e9 les limitations au niveau des donn\u00e9es&#x002C; les chiffres de pr\u00e9valence et d\u2019incidence chez les enfants incitent \u00e0 une utilisation tr\u00e8s prudente. Il est important&#x002C; aussi chez l\u2019enfant et l\u2019adolescent&#x002C; de bien \u00e9valuer les risques et les b\u00e9n\u00e9fices. Si un antipsychotique est d\u00e9marr\u00e9&#x002C; une \u00e9valuation r\u00e9guli\u00e8re est indispensable et la dose la plus faible possible doit \u00eatre utilis\u00e9e pendant la p\u00e9riode la plus courte possible&#x002C; conditions dans lesquelles les antipsychotiques atypiques semblent plus s\u00fbrs.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Noms des sp\u00e9cialit\u00e9s concern\u00e9es :<\/h2>\n<p>Nous renvoyons au <a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/11?frag=7799'><u>chapitre 10.2. dans le R\u00e9pertoire<\/u><\/a>.<\/p>\n<h2>Sources sp\u00e9cifiques<\/h2>\n<p><span class='folia-referentie-nummer folia-referentie-tekst'>1.<\/span> <span class='folia-referentie-tekst'>Deboosere et al. Het gebruik van antipsychotica bij kinderen en jongeren in Belgi\u00eb&#x002C; 2005-2014. Tijdschrift voor Psychiatrie 2017;59(6):329-38<\/span><br \/><span class='folia-referentie-nummer folia-referentie-tekst'>2.<\/span> <span class='folia-referentie-tekst'>R\u00e9daction Prescrire. Neuroleptiques chez les enfants: dyskin\u00e9sies tardives. La Revue Prescrire 2025;45(501):512<\/span><br \/><span class='folia-referentie-nummer folia-referentie-tekst'>3.<\/span> <span class='folia-referentie-tekst'>Besag FM et coll. Tardive dyskinesia with antipsychotic medication in children and adolescents : a systematic literature review Drug Saf 2024; 47:1095-1126 (doi: <\/span><a href='https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/38862692\/'><span class='folia-referentie-tekst'>10.1007\/s40264-024-01446-0<\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>).\u00a0<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les indications officielles des antipsychotiques concernent g\u00e9n\u00e9ralement les adultes&#x002C; les  [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12,20356],"tags":[20213,20224],"class_list":["post-177540","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","category-2026-fr","tag-import_tags","tag-import_tags-nl"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/beta.bcfi.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177540","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/beta.bcfi.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/beta.bcfi.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/beta.bcfi.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/beta.bcfi.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=177540"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/beta.bcfi.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177540\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":180033,"href":"https:\/\/beta.bcfi.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/177540\/revisions\/180033"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/beta.bcfi.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=177540"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/beta.bcfi.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=177540"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/beta.bcfi.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=177540"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}